Art du montage en vidéo | Trouver son rythme

L’attaque des clones

Sortir d’une école d’Art c’est souvent sortir d’un même moule, il est difficile d’y échapper. Ton style ou ton univers risque fortement de ressembler à celui de tes camarades.

La raison simple est qu’on a passé plusieurs années ensemble, on a suivi les mêmes cours des mêmes profs. On a ri des mêmes blagues et on s’est enthousiasmé pour les mêmes films. On a bu et dansé dans les mêmes soirées, on s’est enlacé sur les mêmes musiques.

Art | Dessin de nu

YouTube la photocopieuse

Les écoles d’Art engendrent des clones. Regarder chaque jour les vidéos les plus populaires sur YouTube produit plus ou moins le même résultat.

Vous en faites parti ? Rassurez-vous, je n’y ai pas échappé.
Il y a un modèle YouTube, un ton, une façon de monter et de raconter des histoires, démultiplié à l’infini, partagé de façon exponentielle. Chacun imite l’imitation précédemment imitée par d’autres. Sans jamais connaitre son origine. Mais au fond, y’a-t-il encore du monde pour s’en soucier ?

Art du montage | Logo YouTube

Casey Neistat et le vlogging

Je faisais donc ce constat-là quand je suis tombé sur le travail de Casey Neistat ! Jusqu’alors je n’avais qu’une vague idée de ce qu’était le vlogging. En piochant dans ses vidéos, Casez Neistat allait en être le parfait représentant.
J’avais l’impression de mettre la main sur quelque chose de neuf, un peu comme un agent tout excité de découvrir un futur talent.

Son travail était inspirant, ma créativité allait en être stimulée, revigorée.

Je me plantais royalement. Casey Neistat est probablement le filmmaker le plus copié et adulé de la plateforme YouTube. Son style si particulier a déjà inspiré des milliers de personnes. Il est suivi par plus de 8 millions de fans. Bonjour la découverte.

Art du montage | Casey Neistat

Que ce soit bien clair, j’adore YouTube !
Et je suis le premier à reconnaitre le talent, le travail immense de certains, et leur parfaite connaissance de l’image.
Les plus anciens YouTubeurs ont su créer et exister sur un terrain encore vierge. A leur début, la passion a été leur unique moteur.

Mais il me semble que vouloir développer son inspiration grâce à YouTube est aujourd’hui voué à l’échec.

Même si YouTube n’est pas que cela évidement. Il suffit de lire l’excellent numéro que les Cahiers du cinéma avait consacré à la vidéo pour s’en convaincre.

Art du montage | Film de Michel Gondry
Art du montage | Film de Danny Boyle

Chercher l’inspiration ailleurs

C’est donc paradoxalement la découverte du vlogging et du constat que YouTube avait une légère tendance à se mordre la queue, qui m’a rappeler combien j’accordais d’importance au rythme dans le montage vidéo.

J’ai eu le besoin de me replonger dans ce qui a fait ma formation, c’est à dire les films de cinéma.

J’avais de nouveau en tête des séquences de films dans lesquelles il me fallait replonger. Redécouvrir des réalisateurs pour qui le montage a une place essentielle. Revoir « Orange Mécanique » de Kubrick, « Trainspotting » et « 127 hours » de Danny Boyle. « Eternal Sunshine of the Spotless Mind » de Michel Gondry, « Fight Club » de David Fincher. Et bien d’autres encore.

Ne pas bouder les modes

Des vidéos que j’ai réalisé comme mon premier marathon ou vis ma vie de freelance sont évidement « inspirées » du montage de type vlogging.
Ne pas le faire aujourd’hui serait se couper bêtement des modes et des tendances.
Mais ne faire que ça et s’en contenter, c’est limiter son champ de vision, brider sa créativité en ignorant les possibilités infinies qu’offrent les logiciels de montage.

Final Cut Pro X est à notre service. Pas l’inverse ! De même pour YouTube.

@oxolaterre