Halloween | Fantastique et cinéma d’horreur

Halloween, et quelques autres souvenirs

Halloween évoque évidement les citrouilles qui scintillent dans la nuit et les costumes en tous genres pour effrayer la voisine. Mais c’est aussi et surtout l’occasion de regarder un bon film d’horreur, tout en ingurgitant sans retenu une quantité non négligeable de bonbons acidulés, et sans gélatine de porc s’il vous plait !

Halloween | Film d'horreur
Halloween | Frankenstein

Mon plus lointain souvenir rattaché au cinéma d’horreur remonte à la découverte du Frankenstein de James Whale avec Boris Karloff. Ça devait être à l’occasion d’un cycle du cinéma de minuit sur FR3.

Même si la mémoire me joue parfois des tours, il suffit de me concentrer pour que le flou se dissipe peu à peu comme la brume au petit matin. C’est ainsi que je revois enfin la scène du cimetière, au tout début du film. Quand le docteur Frankenstein et son fidèle assistant Fritz viennent y déterrer des cadavres. Je perçois plus précisément l’ambiance si particulière du noir et blanc de ces années-là, le crépitement du son sur la VOST, identique à celui d’un vieux vinyle.

Halloween | Magazine cinéma d'horreur
Halloween | Cinéma fantastique

Mad Movie

Mais l’instant déterminant vers le cinéma d’horreur et plus largement le cinéma fantastique fut la découverte du magazine Mad Movies.
À cette époque mon frère et moi passions notre temps au rayon presse du Carrefour de Crèche s/Saône pendant que maman remplissait le caddie de courses.

Je me rappelle donc de ce numéro 34 avec en couverture Michael Paré pour Philadelphia Experiment. Au dos, un menaçant Arnold Schwarzenegger dans le rôle du Terminator. Il y avait un article sur Wes Craven, un autre sur Razorback de Russell Mulcahy. Futur réalisateur d’Highlander, qui nous avait déjà mis une claque avec le clip de Duran Duran « The Wild Boys », et qui nous décevra malheureusement par la suite.
Je me souviens aussi de la rubrique Ciné-Fan et la technique de modelage, que j’aurai la chance d’approfondir dans mes années Emile Cohl. Il y avait aussi cette interview que j’ai lu plus d’une fois de Carl Fullerton, maquilleur pour le cinéma. Une porte s’ouvrait sur ce monde encore cloisonné et secret.

C’était avant l’aire internet, et avoir de tels infos sur le maquillage et les effets spéciaux étaient encore réservé aux initiés. Le cinéma d’horreur était encore un cinéma de genre pour passionnés, avant qu’il ne soit lui aussi rattrapé par le mainstream, absorbé et broyé à son tour par le consumérisme.

Halloween | Cinéma d'horreur

J’associais la lecture assidue de Mad Movies à celle de l’Ecran Fantastique dont je commandais parfois d’anciens numéros, comme celui de « La compagnie des loups ».
Encore aujourd’hui, il est bien rare que je ne me précipite pas pour acheter le énième Hors Série de Mad Movie, consacré à des réalisateurs comme John Carpenter ou Sam Raimi, ou à des films emblématiques, comme Shining ou très récemment Blade Runner.

Halloween | Modelage de monstres

Abondance de films

Internet a rendu possible l’accès à une multitude de films, n’importe où, à n’importe quel moment, et à prix réduit, pour ne pas dire sans frais. Je ne vais évidement pas m’en plaindre. Mais de cet accès sans le moindre effort, l’oeuvre cinématographique a forcément perdu de sa valeur. Notre rapport presque intime à un film ne peut pas être le même qu’il y a 30 ans. Surtout que le cinéma d’horreur était encore peu programmé à la télévision. Il faudra attendre la naissance de Canal+ en 84 pour enfin découvrir tout un catalogue de films qui m’étaient encore inconnus. Comme « La colline a des yeux » ou « Massacre à la tronçonneuse ».

L’époque actuelle est à la théorie du complot, aux fake news. On soupçonne la moindre image d’être photoshopée. Des YouTubeurs nous listent une série de séquences aux mauvais raccords. D’autres nous analysent avec une précision chirurgicale les scénarios de nos films adorés, pour nous démontrer l’absurdité des histoires et leur manque de vraisemblance.

Tout est devenu prétexte à la dérision, au sarcasme. L’intérêt d’un film se mesure aujourd’hui à la quantité de « LOL » qu’il suscite.

Halloween | Maquilleur cinéma d'horreur

Je fais parti d’une génération qui avait juste envie de croire à l’histoire qu’on lui racontait. Même si les effets spéciaux étaient rudimentaires, imparfaits, voir même parfois grotesques, j’y croyais. Je prenais la SF au sérieux, et les monstres du cinéma d’horreur existaient vraiment. Je regardais ces films pour avoir peur, pas pour rigoler. Je ne cherchais pas d’explications à l’intrigue, je voulais juste faire parti du voyage.
Et pour une fois croyez-moi sur parole, le voyage valait vraiment la peine !

Et joyeux Halloween à toutes et à tous !

@oxolaterre