Meilleures BD | Mon Top 10

Meilleures BD, voici ma liste non exhaustive

Je ne suis certainement pas le mieux placé pour parler bande dessinée, n’en étant plus aujourd’hui un lecteur assidu.
Néanmoins, je me considère tout à fait légitime d’établir une liste, MA LISTE, de ce que je considère être mes 10 meilleures BD, du moins celles qui auront le plus compté pour moi. Et ce selon différents critères :
– Celles dont l’unique but aura été de me divertir, le plus souvent autour d’une histoire bien ficelée.
– Celles dont le thème abordé aura eu l’intelligence de me conduire à la réflexion, dans un voyage plus intérieur.

BD | L'étoile mystérieuse
  • L’étoile mystérieuse de Hergé

Pour moi il était évidement impossible de ne pas citer les aventures de Tintin tant elles auront marqué ma prime jeunesse. Il demeure donc difficile de faire un choix. L’oeuvre d’Hergé est d’une richesse inouïe, et Tintin m’aura accompagné pendant de longues années. Je garde encore un souvenir ému de ma visite au musée Hergé à Louvain-la-Neuve en Belgique. C’est un lieu unique pour un homme d’exception. Pour la petite anecdote, le premier « beau »livre que j’ai désiré plus que tout fut « le Monde d’Hergé » de Benoit Peters. Sur le brancard qui me ramenait à ma chambre d’hôpital, après une opération de l’appendicite », en apercevant mes parents, encore groggy par l’anesthésie, j’ai prononcé cette phrase : « Vous avez le monde d’Hergé ? »C’est dire si j’étais à l’époque obsédé par l’oeuvre d’Hergé.
Si je fais le choix de cet album, L’étoile mystérieuse et pas un autre, c’est pour le souvenir que j’en garde. Et particulièrement pour ses premières pages. Cette ambiance de fin du monde imprégnée à tout jamais dans ma mémoire. Aujourd’hui encore je peux ressentir la chaleur suffocante de cette nuit d’apocalypse et l’angoisse qui s’en dégage.
On retrouve d’ailleurs un peu cette même atmosphère dans le film Melancholia de Lars von Trier.
Pour le reste, cet album regorge  de tous les ingrédients qui font un bon album de Tintin, c’est à dire de l’action, de l’aventure, de l’exotisme. En gros tout ce que Philippe de Broca injectera intelligemment dans L’homme de Rio n’ayant pas pu comme il l’aurait souhaité adapté Tintin au cinéma.

Meilleures BD | Mon Top 10
  • Astérix Légionnaire de Uderzo & Goscinny

Comme pour Tintin, difficile de passer à côté. Je lisais Astérix chez ma grand-mère. Les albums avaient appartenu à mon oncle de 10 ans mon aîné. Les pages avaient déjà jauni. Certaines étaient déchirées. D’autres tachées de confiture. Les histoires qui y étaient racontées avaient été lues par un autre que moi. Je prenais le relais. N’est-ce pas là toute la singularité de ces classiques qui sont partagés de génération en génération ?
Astérix Légionnaire car c’est celui dont je garde le meilleur souvenir. L’humour y atteint un tel degré d’absurdité et de non-sens ! C’est totalement délirant et ça ne fait que monter crescendo au fil des pages. Les postulants légionnaires composent une galerie de personnages parfaitement improbables. Chacun campe sur ses positions, en revendiquant fièrement son appartenance à une ethnie. Et c’est tout simplement très drôle. Et Uderzo est bien évidement un virtuose hors pair pour mettre en scène les nombreux quiproquos.


  • Globe Trotters de Roba

Même si je reconnais ne plus trop me plonger dans les albums de Boule et Bill aujourd’hui, j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour cette famille idéale et sans histoire. Enfin quand je dis sans histoire c’est dans le sens de sans gravité, car des histoires il y en a toujours eu. Particulièrement dans cet album qui, contrairement aux autres où tout repose sur le gag à chaque fin de page, est un récit complet. Une BD d’aventure et de rebondissements, qui se lit comme un guide touristique dans lequel on aurait injecté une bonne dose d’humour et d’énergie. Un album qui remplit parfaitement son rôle, celui de nous faire rire et de nous détendre. Dépaysement garanti.


  • Comme convenu de Laurel

Si je fais figurer cette BD dans mon top 10 c’est pour deux raisons.
La première est pour son phénomène d’auto-édition. Laurel a explosé les compteurs sur la plateforme de Crowdfunding Ulule en récoltant la somme de 270 000 euros pour 8 000 contributeurs. On ne peut que trouver ça admirable. Elle a su parfaitement s’appuyer sur son réseau de fans et de followers pour concrétiser son désire de financer elle-même son projet d’album, sans passer par un éditeur.
La seconde raison est bien évidement pour ce que l’album raconte : les galères, certainement un peu romancées, d’une jeune start-up qui décide de s’installer en Californie. Le rêve américain de jeunes Français qui se lancent dans le domaine du jeu vidéo.
C’est donc un album en parti autobiographique. Et pour avoir suivi Laurel depuis l’époque des blogs, son parcours assez atypique, et son changement de vie pour un autre continent, m’intéressait. Même si je ne suis pas particulièrement la cible de ses autres BD plus jeunesse.
Je dois ajouter à cela le fait que je suis très client de ces histoires de jeunes entreprises, très curieux de connaitre l’envers du décors, et ce que cache les sourires de façade. Je lisais d’ailleurs « Comme convenu » en même temps que je dévorais « Disrupted : My misadventure in the Start-Up Bubble » de Dan Lyons. Je ne pouvais donc être plus en condition pour apprécier les deux ouvrages qui traitaient plus ou moins du même thème.

Meilleures BD | Mon Top 10
  • Changements d’adresses de Julie Doucet

C’est une époque où je me suis certainement intéressé à une BD un peu plus confidentielle, voir « underground », même si le fait qu’elle soit publiée chez l’Association ne l’était déjà plus tout à fait.
Généralement les histoires de galère et de défonce ne m’attirent pas vraiment (Ce n’est pas tout à fait vrai, j’adore Drugstore Cowboy de Gus Van Sant. Et il y a surement d’autres exemples pour me contredire) mais je pense que j’ai surtout aimé ce parfum de liberté qui se dégage de cette bande dessinée, dans la forme comme dans le fond. Liberté du ton, liberté du trait. Moi qui vénérais Keith Haring, je découvrais une autre manière de rester libre en étant totalement décomplexé du dessin. J’admets ne pas l’avoir suivi à la lettre, mais ça avait le mérite de m’élargir l’horizon.
« Changements d’adresses » c’est la vie de bohème made in New York. C’est joliment trash et destroy.
Bien plus tard, j’ai redécouvert Julie Doucet lorsqu’elle a collaboré avec Michel Gondry. Lui en a fait un petit film, elle, un petit livre illustré. Les deux retracent la même rencontre, la leur, vue avec un regard différent. Très intéressant !


  • Les brumes de Sapa de Lolita Séchan

Voici le genre d’album qui m’a agréablement surpris. Pour tout vous dire, quand on me l’a glissé dans les mains, j’ai fait la grimace.
J’ai beaucoup écouté Renaud, je sais donc qui est Lolita Séchan. je savais aussi qu’elle gravitait dans le milieu de la BD, qu’elle partageait un atelier avec d’autres dessinateurs. Mais je ne pensais pas que c’était pour elle une vocation sérieuse. J’avais tort. Totalement. Dans une première approche, je ne suis pas particulièrement attiré par le dessin. Ça m’évoque le travail de Boulet dont je ne suis pas très fan. Elle n’avait décidément rien pour me séduire. Sans trop d’enthousiasme donc, j’ai commencé la lecture. Pour au final ne plus m’arrêter. Non seulement l’histoire est passionnante et touchante, mais le dessin est souvent magistral. Il y a vraiment des images très belles, alors qu’elle ne va jamais dans la facilité. Les vignettes des longues journées de pluie sont vraiment très réussies. Suffisamment pour nous plonger dans l’atmosphère de cette histoire qui est aussi celle d’une belle rencontre. Lolita tente d’exister, de trouver sa voie. Comme un réflexe de survie, elle ne trouve rien de mieux que de prendre la fuite. Bon choix.


  • Transat de Aude Picault

J’ai découvert le travail d’Aude Picault avec ses deux petits livres Moi Je. Son trait était déjà d’une élégance rare. Sobre, sans fioritures, admirablement maitrisé. Papa était évidement plus sombre. Un livre forcément à part puisqu’il y évoquait le suicide de son père. Dur, cruel, et sans concession, cet ouvrage évoquait les interrogations douloureuses, qui malheureusement demeurent souvent sans réponses, venant se heurter aux souvenirs plus heureux.
Au contraire, Transat est un livre qui fait le choix de la lumière. La jeune femme, Aude Picault elle-même, nous raconte ses errances, ses interrogations, au travers de cette aventure humaine, qui n’est autre qu’une échappée, une fuite vers l’ailleurs. Mais ce voyage, n’est-il pas plutôt intérieur ? Elle y fait aussi l’expérience de la solitude, en s’isolant sur une petite ile, dont le seul compagnon est le bruit des vagues. Rien de tel pour se retrouver. Ou du moins l’espère-t-elle.
C’est un livre que j’aime relire régulièrement. Il est évident qu’en vieillissant on ne recherche plus dans la lecture les mêmes choses que quand on a vingt ans.
J’aime avoir le sentiment qu’un livre ne s’adresse qu’à moi. Qu’il me comprenne. Qu’il m’interroge sur mes propres angoisses.
J’aime faire ce voyage. Surtout si c’est en compagnie d’Aude Picault.

Meilleures BD | Ma liste
  • Journal d’un album de Dupuy et Berberian

J’ai été très longtemps fan de Dupuis et Berberian. De leurs illustrations, mais aussi de la BD Monsieur Jean. J’aimais son contenu et l’univers bobo dans lequel le personnage évoluait. Bien avant que le mot ne devienne à la mode, qu’il soit dans toutes les bouches, pour demeurer à tout jamais connoté. J’ai d’ailleurs détesté les deux albums de Bienvenue à Boboland. Je trouve que ça dégageait beaucoup de condescendance alors que Dupuis et Berberberian font aussi parti de ce monde. Quand Renaud chantait les bobos, il avait au moins l’humilité de préciser qu’il en faisait aussi un peu parti. Et le pire est que ça ne m’a pas arraché un sourire.
Tout le contraire de Journal d’un album qui a été une BD extrêmement importante, pour moi comme pour de nombreux dessinateurs. On avait soudain tous envie de faire de l’autobiographie dessinée, raconter en bande dessinée toutes les petites choses qui font notre quotidien, les bonnes comme les mauvaises. Nos angoisses comme nos moments de bonheur. Aujourd’hui l’exercice est complètement saturé. Mais à l’époque c’était quelque chose de relativement nouveau. L’album est souvent drôle, principalement grâce à Berberian, sombre et profond, principalement grâce à Dupuy, qui traversait alors une crise. Berberian, moins fragile, reste assez fidèle à son trait, alors que Dupuy, être torturé, prend davantage de risque. Le trait est nerveux allant parfois jusqu’à l’abstraction. Ce travail aura d’ailleurs un impact sur les albums de Monsieur Jean à venir. Dans le dessin, mais aussi dans les thèmes abordés. Comme dans l’excellent « Inventaire avant travaux » qui évoque de manière très inspirée la dépression du personnage. Pur chef-d’oeuvre !


  • The Peanuts de Charles Shultz

Ici pas d’album à citer en particulier mais une oeuvre.
J’ai découvert Snoopy et Charlie Brown au travers du dessin animé, que du reste j’aimais beaucoup . Souvenir de l’épisode d’Halloween — The Great Pumpkin, ou bien celui où Snoopy se retrouvait chien de traîneau. Magnifique.
Mais découvrir les strips des Peanuts est encore autre chose. Un tout autre niveau.
C’est la parfaite maitrise du propos, en quelques vignettes. C’est un humour magistralement orchestré avec une économie de moyens. Un trait épuré, Shultz ne s’encombre jamais de détails inutiles.
Subtil, raffiné, élégant, classe, drôle, hilarant.
J’en suis même venu à lire les Peanuts en anglais, pour mieux apprécier la petite musique des dialogues.
La série regorge de personnages à forte personnalité, mais un seul sort vraiment du lot, c’est bien évidement Snoopy. Ce chien est extraordinaire et me fait à chaque fois plier de rire. Il a développé un univers qui lui est propre. Sa folie est sans limite. Je suis un fan absolu.


  • Can’t we talk about something more pleasant ? de Roz Chast

J’ai découvert Roz Chast en parcourant les articles du New Yorker. Même si je ne comprends pas toujours la subtilité de ses dessins, j’ai très vite apprécié son trait et son regard sur la vie, et les absurdités de notre quotidien.
« Can’t we talk about something more pleasant » aborde un sujet difficile qui aurait pu très vite tomber dans le pathos. Roz Chast fait le choix de l’humour, même quand la situation ne s’y prête guère. On est libre d’en pleurer ou d’en rire. C’est une affaire de choix. Ce livre nous parle du temps qui passe, et des conséquences physiques et psychiques sur nos corps vieillissants. Ici il y est question des parents de Roz Chast pour qui la vie arrive à son terme. Mais ce livre nous interroge aussi sur nos propres angoisses face à la maladie. Comment feront nous face à une mémoire défaillante, comment nous affronterons la broyeuse de souvenirs Alzheimer. Nos souvenirs, c’est pourtant ce qui nous lie et nous unit. Que restera-t-il ? Roz Chast interroge.

@oxolaterre